Hubert Le Blanc – Defense de la basse de viole (1740)
In urma unor discutii in blogosfera despre viola da gamba , am pregatit o serie de extrase sugestive din fantasmagorica Defense de la basse de viole contre les
entreprises du violon et les pretentions du violoncel a lui Hubert Le Blanc (c. 1695 – c. 1760), Pierre Mortier, Amsterdam 1740. Dupa cum veti putea observa, acest jurist si fanatic meloman insceneaza un veritabil duel intre cele doua instrumente italiene “moderne” si venerabila viola aristocratica franceza. Partinitor, Le Blanc ingora multe realitati de dragul argumentatiei, dar nici macar contradictiile interne nu lipsesc – textul este insa pitoresc, iar vocea sa reprezentativa pentru xenofobia muzicala franceza care avea sa erupa in Cearta Bufonilor, nu peste mult timp…
P.S. In masura in care timpul o sa-mi permita, o sa comentez unele pasaje interesante ca informatie.
<< L`empire de la viole était fondé et puissament établi par le Père Marais. […] Forcroi le Pere venait d`ajouter à l`Empire. […] La viole s`était vue favorisée par le Roi Louis XIV, le Père Marais pour ses pieces, et Forcroi le Pere pour ses Préludes tirants sur la Sonate [Marin Marais & Antoine Forqueray, n.n.]. L`un avait été declaré jouer comme un Ange, et l`autre jouer comme un Diable. Fallait-il au sortir de tant d`avantages tomber dans le néant. Quelle chute! Y en eut-il jamais une pareille? [...] Le Père Marais et Forcroi ne donnaient qu`une note, mais s`attachaient à le rendre sonore, comme la grosse cloche St. Germain, jouant en l`air ainsi qu`ils recommandaient, c`est à dire ayant donné le coup d`archet, ils laissaient lieu à la vibration de la corde.
…
Sultan Violon, un avorton, un Pygmée, se met en tête d`en vouloir à la Monarchie universelle. Non content de l`Italie, il se propose d`envahir les états voisins… Les deux acolytes de Sultan s`appelaient Messire Clavecin et Sire Violoncelle. Il les était associés pour tempérer son piquant, dont sans eux la pointe se ferait trop sentir. Il se propose de rayer du nombre des Acteurs de musique la basse de viole et la flûte et de s`établir sur leur ruine. Voici la route qu`il tint pour la procurer. Attaquer la Viole, éclater par dessus, parler plus haut qu`elle en même temps, lui sauter dessus le corps. Le violon qui n`était pas Sultan alors, ni si fier qu`il est abordé humblement le Clavecin et le violoncelle et leur dit: Beaux sires, le premier de vous a déjà un établlissement auprès des Dames, que lui procurent les Pièces de Couperin: l`autre est relégué aux Thuyles chez les enfants de choeur, où il n`a que leur touché délicat pour tout flatté. Il ne tiendra qu`à vous, l`un de faire fortune et le premier d`augmenter la sienne. Je vous propose de vous associer à moi et nous porter pour les trois instruments seuls nécessaires en Musique…
[...] Ses défauts de lui, violon, d`être percant et dur, lui tournaient en bonnes qualités dans un endroit vaste ou sa dureté était noyée par celle du violoncelle et son manque de puissance supléé par les cordes à vide du clavecin. Jouant à la nouvelle manière, il se fit admirer, comme il n`avait pas fait au temps de Lully où les coups de l`archet étaient hachés et le coup de hache marqué à chaque mesure. Ici on ne démêlait ni le tiré ni le poussé. Un son continu se faisait entendre, qu`on était maître d`enfler ou de diminuer, comme la voix. [...] La résistance toujours à vaincre dans les cordes courtes et grosses extrêmement tendues du violon, exige un exercice continuel pour en dompter la dureté et les doigts ferrés. A cet effect la Nature secourable fait venir au bout, de la corne, comme aux bêtes de charge ou voiture, un sabot.
Somis [Giovanni Battista Somis, 1686-1763, n.n.] parut sur les rangs. Il étala majesteusement le plus beau coup d`archet d`Europe. Il franchit la borne, où l`on se brise, surmonta l`écueil où l`on échoue, en un mot vint à bout du grand oeuvre sur le violon. Un seul tiré d`archet que le souvenir en fait perdre haleine quand on y pense, et parut semblable à un cordage de soie tendu, qui pour ne pas ennuyer dans la nudité de son uni, est entouré de fleurs, festons d`argent, de filigranes d`or entremêlés de diamants, de rubis, de grenats, et sourtout de perles… Geminiani [Francesco Geminiani, 1687-1762, n.n.], d`autant qu`il faut commencer par le jeu le plus fin se fit admirer aussi bien que les Sonates de Corelli, qu`il exécuta. Elles fournirent le fondement de l`harmonie la plus capable d`émouvoir, qui ébranle à la voix les corps sonores. Geminiani fit sed remplissages de notes de son cru à tout sort de desseins. L`esprit était charmé, l`oreille était satisfaite. Les belles auditrices ‚etaient prêtes à tomber en défaillance. [...] Les Sonates de Mr. Le Cler [Jean Marie Leclair, 1697-1764, n.n.] étalèrent en pompe la majesté du jeu de violon et la justesse dont il est susceptible.
…
Le violoncelle, qui jusque là s’etait vu misérable cancre, haire, et pauvre diable, dont la condition avait été de mourir de faim, point de franche lipée, maintenant se flatte qu`à place de la Basse de viole, il recevra maintes caresses; déjà il se forge une felicité qui le fait pleurer de tendresse. [...] Mais dès que tout est jouable sur la Viole, et ce par une science de galant homme acquise une fois pour toutes, combien n`est-elle pas préférable aux instruments qui demandent un art asservissant, tels que le violoncelle sur qui la fausseté est à combattre dans un degré effrayant, faussetés renaissantes à chaque pas qu`on les surmonte, telles que les têtes de l`Hydre. Le défaut des cordes, vrais câbles de navire, demande des doigts bottés pour s`en rendre maître.
…
[Conversation entre la Dame viole et le sieur Violon]
Le prononcé des Dames fut donc que la Viole serait rétablie dans tous ses droits à huis clos et qu`on abandonnerait au violon l`audience publique. L`arrêt definitif des Dames fut que rien n`équivaut dans le monde aux deux basses de viole en parralèle, pour s`acquitter parfaitement du dessus et de la basse.
Cependant, malgré tous ces avantages, le violon rencontra dans la flûte traversière une émule, au point où il ne s’attendais pas, et qui rabattait bien de la bonne opinion qu’il avait conçue de son propre mérite, & donnée aux autres sur la nature du son qu’il tirait. La flûte se trouva mieux déclamée que le violon, être plus maîtresse d’enfler ou faire des diminutions. Après la fin du concert on en remporta cette opinion, que la flûte jouée par Blavet, s’entend, est préférable au premier violon, lorsqu’il s’agit d’imiter la voix, qui ne saurait, comme chacun sait, faire plusieurs tons à la fois. >>
Surse: Musicologie.org, notele albumului “Defense de la Basse de Viole”, Ricercar Consort (dir. Pierre Pierlot), RIC 129121, 1993.
Dario Castello (c. 1590-c. 1630/1657-58)
Despre omul care se ascundea sub numele de mai sus nu stim nimic. Mai precis, Dario
Castello este un nume pe pagina de titlu a doua volume de sonate in stil moderno, tiparite intre 1621 si 1658. Nici o marturie cotemporana nu-l pomeneste macar. De ce l-as pomeni eu?
Fiindca muzica lui este, de multe ori, extraordinara. Inventivitatea, dinamica, experimentele armonice care imping uneori disonantele pana la limita teoriei muzicale baroce (si la culmea placerii auditive), pe care cele 29 de sonate ale sale le demonstreaza ma indeamna sa-l propulsez in galeria muzicienilor straluciti ai primei jumatati de secol XVII. Ca multe dintre sonatele contemporane lor, cele ale lui Dario Castello erau scrise in fond sa umple timpii morti (din punct de vedere muzical) ai serviciilor religioase. Ascultandu-le insa, un soi de nervozitate domina tot discursul muzical, iar manevrarea frazelor contrastante ma duce cu gandul la un soi de labilitate psihica, sau eufemistic: mecanica afectelor muzicale pana la extatic. Iar cadenta, element structural fata de care barocul are o atitudine ambivalenta: incomodeaza ca un formalism obligatoriu (vezi experimentele lui Biagio Marini cu sonata senza cadenza), dar e in acelasi timp un vehicol important al improvizatiei si virtuzitatii – cadenta la Dario Castello se lungeste intr-un gen de sinuos suspans armonic, atent notat dealtfel [update: acum observ ca si autorii de la Asahi-Net identifica o cadenta a la Castello, v. mai jos]. In majoritatea cartilor de specialitate, Castello este considerat momentul cheie in tranzitia de la canzona venetiena (a la Giovanni Gabrieli, de pilda) la sonata in trio. Ceea ce semnifica intruziunea in structura canzonei (sectiuni polifonice scurte si contrastante ca tempo) a ornamentatiei, a pasajelor recitativice, a jocului solist-ansamblu. Unde ajunge Castello astfel, am incercat sa dau o idee mai sus. Si inca o mentiunea importanta, pentru atentia neobisnuita in epoca cu care isi noteaza instrumentatia: cornetti, dulciani, trombon baroc (asa-numitul sackbutt/sacqueboute, daca cineva stie vreun corespondent in romana, anuntati-ma) si instrumentul in plina ascensiune, vioara. Castello adauga vechiului joc al canzonei contrastul textural al acestor instrumente, care poate duce cu gandul poate doar la vestitii ritornelli ai suplicatiei catre Charon, in Orfeul lui Monteverdi.
Si totusi… inversand ordinea obisnuita a articolelor mele, trebuie sa spun ca s-a incercat asamblarea unei biografii a acestui enigmatic Dario Castello. Toate editiile sonatelor sale sunt tiparite la Venetia, stilul sau e ancorat in traditia si “avangarda” venetiana; mai mult editia volumul din 1629 il inregistreaza drept Capo di Compagnia de Musichi d’Instrumenti da fiato in Venetia, iar editia din 1644 a celui de-al doilea volum ca Musico Della Serenissima Signoria di Venetia in S.Marco, & Capo di Compagnia de Instrumenti. Din toate acestea, se poate trage concluzia ca activa in randul muzicienilor de la San Marco, maestru la vreun instrument de suflat; multele partituri solistice pentru trompon din sonatele sale (lucru mai degraba bizar) ne identifica cu mare probabilitate instrumentul. Pe de alta parte, mai multi Castello sunt inregistrati printre instrumentistii de la San Marco, dar nu si un Dario – s-a presupus ca o intreaga familie de muzicieni se instalase la Venetia, o familie din care facea si el parte (un Giovanni Battista Castello, de exemplu, este atestat in serviciul dogelui in anii 1620). Nu trebuie scapat din vedere faptul ca maestro di capella la San Marco era in perioada insusi Monteverdi – trebuie sa se fi intalnit, iar folosirea in sonate a acelui stil concitato sugereaza o colaborare si influenta maestrului. Ce s-a intamplat insa cu Dario Castello? E clar muzica noua nu mai publica dupa 1629, desi lucrarile lui se reediteaza pana in 1658; aceasta ultima editie lasa sa se inteleaga ca autorul nu mai era in viata. Deci… doua ipoteze: (1) a trait pana prin 1657-58, reeditandu-si periodic lucrarile, care par sa fi avut succes (alti compozitori mult mai cunoscuti n-au avut norocul asta). Greu de crezut ca in 8 ani publica 29 de sonate, iar in restul de aproape 30 nimic. (2) Moare in marea ciuma din 1630, care a macelarit muzicienii de la San Marco, printre altii; asta ar explica si absenta noutatilor dupa 1629, si anonimatul in care a cazut, murind tanar (cineva afisand un stil atat de indraznet nu putea fi nascut mai devreme de un 1590 = generatia lui Biagio Marini, Uccelini, Merula s.a.). Muzica lui, probabil perpetuata de fostii colegi venetieni, si bucurandu-se cu siguranta de succes, se mai aude inca vreo 30 de ani (de dragul eruditiei, Manfred Bukofzer ni-l arata influentand direct un maestru spaniol destul de obscur azi, Bartolomeo de Selma; cu siguranta insa indraznelile lui au inspirat toata generatia italiana). Apoi schimbarea de moda care scoate de pe afis cam toti reprezentantii mijlocului de secol inainte de a-i scoate Natura (Cavalli, de exemplu) il arunca in completa uitare pe Dario Castello.

Azi, sonatele lui si-au facut intai timid intrarea pe felurite compilatii agreabile, pentru ca apoi casele de discuri sa-si infranga instinctul de marketing si sa incredinteze un album intreg acestui nume fara culise. Intrepretarile sunt diferite in multe puncte: prea multa timiditate risca sa nu arate energia pe care muzica lui Castello, poate o biografie mai buna decat orice artificii arhivistice, o conserva. [macar o trecere in revista a discografiei voi face, promit]
Opere:
[cele doua volume au fost reeditate de mai multe ori in epoca, pana in 1658]
- Sonate Concertate in Stil Moderno, Libro I, Venice, 1621 (continutul ed. din 1629 aici)
- Sonate Concertate in Stil Moderno, Libro II, Venice, 1629 (continutul ed. din 1644 aici)
- un motet, Exultate Deo (tiparit in 1625 si 1636)
Lucrarile lui Castello sunt editate in momentul de fata de Ut Orpheus Edizione.
Links:
- Cateva partituri la Icking Music Archive.
- O analiza a Sonatei I, Libro II la Asahi-Net.
Bibliografie:
Andrea dell`Antonio, La prima forma-sonata. Morfologia e sintassi nelle sonate di Dario Castello (1621), in Il Saggiatore musicale. Rivista semestriale de musicologia, II, 1995. [rezumatul articolului aici]
Eleanor Selfridge-Field, Dario Castello: A Non-Existent Biography, Music and Letters, LIII/2 (1972)
Eleanor Selfridge-Field, Venetian Instrumental Music from Gabrieli to Vivaldi, 3rd edn. Mineola NY.
Surse: M. Bukofzer, La Musique baroque, ed. Lattes, 1982; The Grove Concise Dicionary of Music, Oxford University Press, 1994; Wikipedia, Hoasm, answers.com (articol de Robert Cummings).
Le Cerf de la Vieville despre M. A. Charpentier (1)
Ii dam cuvantul acestui lullist acerb pentru a bombani despre M. A. Charpentier. S-a
speculat mult asupra rivalitatii dintre Lully si Charpentier; ceea ce era insa clar atunci era independenta stilistica a muzicii lui Charpentier de stilul oficial lullist, care deraiaza in scurta vreme in clisee. Aceasta este reactia la muzica de o factura diferita (si italianizanta, = erezie in Franta sfarsitului de sec. XVII) a lui Charpentier, in special a Medeei sale (1693).
<< Les mauvais maitres vous gatent la voix [...] et je remarquai l`annee passee combien ils vous gatent aussi le gout. Je voyais une femme d`un rang distingue et d`un tres bon esprit, qui avait appris la composition de feu Charpentier. Charpentier l`avait remplie de maximes italiennes, et cette femme d`un esprit a etre consultee sur cent choses, en etait venue la, qu`elle n`estimait de nos operas nouveaux que le quatrieme acte d`Alcide, et ne pouvait pas souffrir l`Europe Galante. Et il est aise de concevoir [...] comment un maitre d`un gout vicieux corrompt celui de ses escoliers. Le bon gout n`est que ce sentiment naturel aide par les principes. Loin de leur donner des principes vrais, solides, et qui epurent en eux les lumieres du sentiment naturel, un mechant maitre leur donne des principes faux, qui embrouillent encore ce sentiment, et qui le tournent a gauche. Je m`imagine que Charpentier qui a eu des escoliers du premier rang, en a gate d`autres. >>
Comparaison de la musique italienne et de la musique francaise, ed. Bruxelles 1705-1706 (Reed. Minkoff, Geneva, 1972), 2eme partie, pp. 296-297
Note:
Alcide – tragedia lirica scrisa in colaborare de Louis Lully (unul din fiii defunctului si Marin Marais, 1693); L`Europe Galante, opera-balet de Andre Campra (1697). “Des escoliers du premier rang…” aluzie la Philippe d`Orleans, duce de Chartres, nepotul lui Louis XIV si viitorul Regent in timpul minoratului lui Louis XV.
Sursa: Catherine Cessac, Marc-Antoine Charpentier, Fayard, 1988
V. si Le Cerf de la Vieville despre moartea lui Lully.
Le Cerf de la Vieville despre moartea lui Lully

Unul dintre admiratorii cei mai dedicati amintirii lui Lully, Le Cerf de la Vieville (1677-1748), relateaza moartea lui Lully in a sa “Comparaison de la musique italienne et de la musique francaise” (primele editii 1704 si 1705 Bruxelles, uneori si sub alte titluri; reeditata Geneva, Minkoff 1972).
<< A la convalescence du Roi, a la fin de l`anee 1686
Tout retentit de Te Deums
comme disoit le bon Benserade. Lulli ne fut pas des derniers a faire chanter le sien, qui fut alors remarquable par sa beaute, et qui est devenu memorable pour toujours, par le malheureux accident qui y arriva. C`etoit aux Feuillans de la rue Saint-Honore, Lulli n`avoit rien neglige a la composition de la Musique, et aux preparatifs de l`execution, et pour mieux marquer son zele, il y battoit la mesure. Dans la chaleur de l`action, il se donna sur le bout du Pie un coup de la canne dont il la battoit; il y vint un petit ciron, qui augmenta peu a peu. M. Alliot son Medecin, lui conseilla d`abord de se faire couper le petit doigt du pie, puis apres quelques jours de retardement, le pie entier, puis la jambe. Il se presenta un Avanturier de Medecine, qui se fit fort qu`il le gueriroit sans cela. Messieurs de Vendome, qui aimoient Lulli, promirent a ce charlatan, en cas qu`il vint a bout de cette cure, deux mille pistoles, qu`on consigna meme, ou je suis trompe. Mais la bonte si noble et si bien placee de Messieurs de Vendome, et les efforts du Charlatan, furent inutiles… Le 22 mars 1687, Lulli, age de 54 ans, s`en alla dans l`autre monde, composer, sans soute, pour les Concerts des Champs Elisees. >>
Sursa: Philippe Beaussant, Lully ou Le musicien du Soleil, Gallimard 1992 (pp. 788-789)

